ARLETTE TESTYLER 1933-2026
L’Union des Déportés d’Auschwitz (UDA) a la douleur de faire part de la disparition de sa Présidente, Arlette Testyler, à l’âge de 93 ans. Née à Paris, le 30 mars 1933 dans une famille juive immigrée de Pologne, elle grandit, avec ses parents Abraham et Malka Reiman, sa sœur Madeleine, dans l’amour de la France, de son histoire et de ceux qui l’ont construite. Celle de Voltaire, de Rousseau et de Zola, disait-elle souvent. La vie de la famille bascule en 1940, avec la défaite et les lois antisémites. Le 14 mai 1941, Abraham Reiman est convoqué pour examen de sa situation : c’est la rafle du Billet vert. Il est interné à Pithiviers. Malka et ses filles restent seules. Les persécutions s’aggravent ; bientôt, il faut porter cette étoile jaune, qu’Arlette rejetait. Malka emmène ses filles chez le photographe, afin d’envoyer le cliché à Abraham. Mais le 16 juillet 1942, c’est la rafle du Vel d’Hiv. Malgré l’opposition virulente Malka, toutes trois sont arrêtées et emmenées rue Nélaton. Pour les fillettes, qui ont déjà assisté à l’arrestation de tous leurs camarades des immeubles voisins, ces journées interminables passées dans la poussière, les cris, la chaleur étouffante, la faim, la soif, le sang, sont un choc violent. Puis, c’est le transfert à la gare d’Austerlitz et l’arrivée à Beaune-la-Rolande. Elles ignorent alors qu’Abraham a été déporté par le convoi 4 du 25 juin 1942 à destination d’Auschwitz-Birkenau. Il ne reviendra pas. Déterminée, Malka protège ses filles du mieux qu’elle peut, parvenant à quitter le camp de Beaune-la-Rolande avec elles, peu avant la séparation des familles. Elles passent les années suivantes à Vendôme, où la famille Philippeau les cache, les préservant ainsi de la déportation. Au lendemain de la guerre, Malka décède. Madeleine et Arlette sont orphelines. Adolescentes, elles font la connaissance des frères Testyler, arrivés de Pologne, après plusieurs années d’internement dans plusieurs camps de concentration. Madeleine épouse Jo, Arlette épouse Charles. Les années qui passent sont celles d’une vie professionnelle, amicale et associative bien remplie. C’est aussi la fondation d’une famille, avec leur fille Maryna qui, avec Patrick Taïeb, leur donne trois petits-fils. Voyages à Auschwitz, témoignages, rencontres avec des collégiens, des lycéens, et même des petits de CM2, Arlette et Charles s’engagent inlassablement pour transmettre la mémoire de la Shoah qui a frappé leurs familles. Après la disparition de Charles, Arlette continue, portée par ses rencontres avec la jeunesse qui l’accueille toujours avec intérêt et émotion. Elle a désormais six arrière-petits-enfants, « ses amours » dont elle portait les prénoms sur des médailles accrochées à un bracelet. Il y a un an, se tenait à Vendôme la cérémonie de remise de la médaille des Justes parmi les nations à la famille Philippeau. Un moment qu’elle attendait depuis des années, en témoignage de reconnaissance. Grâce à eux, elle racontait qu’elle était née une seconde fois. Présidente de l’UDA depuis 2024, elle s’était investie dans l’organisation de la commémoration du 80e anniversaire et de la marche intergénérationnelle. Elle était une incarnation du courage, de la bonté, de la générosité et de la joie. A toute sa famille l’UDA adresse ses condoléances. | ![]() Arlette Testyler, Cercle Bernard Lazare, 2025 DR Christine Guimonnet |
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| Abraham Reiman, engagé volontaire à Barcarès en 1940. Archives familiales | ![]() | Arlette et Madeleine Reiman (à droite) posant chez un photographe avec leur étoile jaune, en compagnie d’une autre petite fille (juin 1942). Archives familiales |


